OAC-NS

À quelles conditions les OAC favorisent-elles le pouvoir d’action des citoyens ?

Les résultats de travaux mettent en évidence que la capacité transformative des initiatives citoyennes ne va pas de soi. Dans une démarche pluridisciplinaire qui allie la gestion, l’urbanisme et les sciences techniques et société, le projet Organisations Alternatives de la Citoyenneté vise à comprendre les conditions de réussite de ces initiatives citoyennes et leur contribution aux transitions écologiques et sociales, en France, au Maroc et en Tunisie. 
Présentation

Notre vision

Mycélium

Imaginez qu’on puisse détruire les déchets les plus polluants, faire disparaître la radioactivité et rattraper les dégâts environnementaux engendrés par l’activité humaine. Imaginez que par le même moyen les arbres se parlent et s’entraident. N’imaginez rien, le mycélium, par le réseau tentaculaire qu’il constitue a permis aux champignons de survivre à toutes les extinctions de la planète. On a choisi ce visuel lié au mycélium pour notre projet parce que ce système privilégie la coopération entre êtres vivants plutôt que la hiérarchie. Le mycélium connecte les autres organismes, aide à partager connaissances et ressources, apprend et se modifie selon le besoin de son écosystème. Pour une lecture inspirante voir : « Le monde caché » de Merlin Sheldrake.

Les chercheurs

Amina Béji-Bécheur

Depuis 2011 Amina a orienté ses travaux sur les organisations et innovations initiées par des collectifs d’individus non experts voulant exercer leur citoyenneté dans le marché. Ces collectifs aspirent à intervenir dans le marché en créant des organisations alternatives pour répondre à des problème sociaux et/ou écologiques. Les projets de recherche sont menés en partenariat avec des organisations investies dans le champ de l’économie sociale et solidaire. Ces réflexions enrichissent une approche critique du marketing en vue d’en questionner et renouveler les modèles et outils pour accompagner les transitions économiques, écologiques et sociales. Amina coordonne le projet OAC-NS avec Audrey et intervient sur le terrain MC2CM Un-Habitat Tunisie, Enercoop LR, et La Narse de Nouvialle.

Audrey Bonnemaizon

Depuis une dizaine d’année, Audrey étudie les phénomènes de tensions, de résistances, de bricolages qui se jouent dans le cadre de la co-production de services marchands et de service public. Dans le cadre du projet OAC, qu’elle coordonne avec Amina, mettre en visibilité la façon dont les citoyens –consommateurs ambitionnent de reprendre le pouvoir sur les enjeux qui les concernent en matière de transitions écologiques et sociales, constitue le fil conducteur de ces questionnements de recherche. Construire la recherche avec les acteurs, apprendre de leurs luttes pour faire advenir des « utopies réelles » (Erik Olin Wright) et des futurs désirables pour enrichir les grilles d’analyses produites par les chercheurs, est ce qui l’anime et la motive dans son travail d’enseignante- chercheure.

Alix Poels

Après une formation en Lettres et en Histoire, Alix a effectué un doctorat en sciences de gestion en se focalisant sur la gratuité et la propriété partagée. Dans notre projet elle s’intéresse en particulier à la gouvernance des biens communs tout en étudiant l’engagement des citoyens/consommateurs et les dispositifs participatifs dans les sociétés coopératives d’intérêt collectif. Un de ces objectifs est de trouver les mots pour que tout le monde puisse s’emparer de nos résultats.

Asmae Diani

Pour Asmae changer le monde ça s’entreprend. Après des débuts dans l’audit et la finance, sa vie personnelle lui a offert une année sabbatique où tout a basculé dans le sens de l’entrepreneuriat inclusif. Questionnant le financement comme seule condition pour la réduction de l’exclusion, ses recherches ont progressivement montré que l’accompagnement, centré sur les capabilités des personnes impliquées dans les différents projets, était essentiel à leur inclusion durable. Cette approche par les capabilités et l’empowerment l’a aussi amenée à s’intéresser au plaidoyer comme instrument de changement. Dans notre projet, Asmae, qui coordonne les terrains au Maroc, vise à créer une taxonomie des différents projets existants pour comprendre comment les organisations alternatives de la citoyenneté opèrent et évoluent et comment la recherche peut servir leur engagement.

Barbara Blin Barrois

De formation politique et pluriculturelle, Barbara a cofondé et dirigé l’une des premières Scic territoriales, ôkhra, puis accompagné pendant quinze ans des coopérations multi parties-prenantes, à différentes échelles. Elle a ainsi pu observer une diversité d’écosystèmes territoriaux, en s’employant à faciliter l’interaction entre leurs acteurs par une meilleure compréhension mutuelle des cultures, des langages, des motivations multiples et intérêts distincts, au service d’une coopération économique, d’intérêt général, à vocation environnementale et sociétale. Sa recherche porte sur le rôle transformateur de tels accompagnements, particulièrement dans le contexte d’espaces naturels, forestiers ou de nature urbaine. Pour la mission OAC, elle étudie la dynamique d’interaction de l’équipe de chercheur auprès du collectif de la Narse.

Emanuela Dalmasso

Politologue de formation, Emanuela a étudié la dépolitisation de la société civile, la résistance des structures locales, politiques et civiles, vis-à-vis du pouvoir central et les pratiques utilisées par les régimes autoritaires pour renforcer leur pouvoir. Après avoir publié des travaux concernant le renforcement de l’autoritarisme au niveau central, Emanuela s’intéresse maintenant au sous-bois des pratiques démocratiques au niveau local. Son questionnement principal est autour de comment renforcer les pratiques d’accountability. Emanuela étudie notamment les réponses de la population de la Vallée de la Roya suite aux dégâts de la tempête Alex de 2020. Dans notre projet OAC, elle endosse le rôle d’ingénieure de recherche pour la mission d’ensemble.

Eric Gautier

A la suite d’un parcours de dirigeant de structures de l’économie sociale et solidaire, Eric a réalisé un doctorat en sciences de gestion. Il s’intéresse à l’attractivité d’un territoire au travers de la responsabilité sociale et environnementale des acteurs que ce soient les organisations ou les citoyens. Il s’interroge sur la raison d’être d’un territoire pour y expérimenter et développer de nouveaux liens sociaux et économiques. Pour cela, il privilégie une approche socio-anthropologique afin de saisir le rôle des usagers dans leur environnement, écouter les communautés, leurs cultures, leurs relations au territoire, avec leur vision du local, de l’harmonie entre le développement économique et la durabilité. Dans le projet OAC NS, il co-encadre une thèse sur un terrain d’ONU Habitat pour la revitalisation de la médina de Tunis.

Evelyne Lhoste

Qu’il s’agisse d’expérimentation animale ou de fablabs, Evelyne étudie les pratiques des acteurs. Elle mobilise les études des sciences et techniques pour analyser les interactions entre les humains et les objets. Pour elle, il s’agit d’analyser l’encastrement du social et du matériel dans la pratique. Plutôt que de les considérer comme des structures figées, elle postule qu’elles co-évoluent. Dans le projet OAC, elle s’intéresse à la généralisation d’organisations alternatives citoyennes comme les tiers lieux, c’est-dire comment démultiplier les effets positifs de ces expériences. Evelyne est une chercheure impliquée, elle est aussi membre du conseil d’administration d’ALLISS, une plateforme multi-acteurs dont l’objectif est de faire reconnaitre l’importance des recherches participatives et de l’innovation élargie dans un système en transitions.

Flavie Ferchaud

Ce qui intéresse le plus Flavie sont les mutations et la portée de l’action publique urbaine. Avant la thèse, elle a travaillé à l’animation d’un dispositif de participation citoyenne dans un quartier prioritaire de Rennes. Cette expérience lui a notamment appris que la portée de l’action publique se place aussi là où on ne l’attendait pas forcément (par exemple, la montée en compétences des habitants sur des sujets techniques qu’ils ne maîtrisaient pas avant de s’engager dans le dispositif participatif). Aujourd’hui, une partie des projets dans lesquels elle est impliquée porte sur les dynamiques des interactions entre les acteurs publics, privés et les citoyens. Dans le projet OAC, elle met ses compétences (science politique, aménagement, méthodes qualitatives) au profit du « terrain » s’intéressant aux dispositifs dits de « Territoire Zéro Déchet » portés par Paris Habitat.

Gilbert Kientega

Dans un monde relativement organisé en systèmes, les individus ont besoin d’être structurés autour d’un effort collectif qui donne à tous et toutes la possibilité d’exprimer ses capacités et de défendre leurs valeurs. L’expression de ces capacités et la défense de ces valeurs se traduisent par des formes d’activisme au sein des systèmes et sous-systèmes conçus visant une transformation de ces derniers. Je m’intéresse à la construction des organisations de consommateurs qui, par leur action collective défient les systèmes de marché existants. Au titre du projet Organisations Alternatives-Nord-Sud, je suis positionné sur les terrains traitant de la question de transition écologique.

Gilles Hubert

Gilles Hubert est professeur des universités et membre du Lab’Urba. Ses activités de recherche portent sur l’intégration des questions environnementales dans les politiques publiques et leurs effets sur les opérations d’aménagement et les pratiques des acteurs à différentes échelles territoriales. Il étudie ces questions principalement sur deux thématiques : la gestion des eaux et la gestion des risques naturels en milieu urbain. Avec le projet OAC, Gilles Hubert élargit son champ d’analyse en étudiant l’implication des habitants dans les processus de réduction de la production des déchets domestiques initiés par le bailleur social Paris Habitat sur son parc de logements sociaux.

Hajar El Karmouni

Les recherches de Hajar portent sur les organisations de l’économie sociale et solidaire, notamment auprès des collectifs de citoyens engagés dans la transition énergétique et les systèmes alimentaires alternatifs. Dans notre projet Hajar s’occupe du terrain COPALIM autour des enjeux et initiatives existants pour concilier accessibilité et durabilité en matière d’alimentation, sur le territoire Montreuillois.

Hamed Haddouche

Comment structurer un tourisme responsable dans une zone fragile ? Comment peut-on convertir la fierté des habitants pour leur territoire en actions concrètes de protection et de promotion ? Hamed a fait d’une de ses grandes passions, le voyage, sa source de questionnement principale. Dans ses nombreux projets de recherche, de Gaiola à Naples jusqu’au Louvre-Lens, il a toujours considéré le rapport entre habitants et territoires son angle d’analyse principal. Toujours à la recherche de la meilleure méthodologie il a aussi intégré l’analyse des réseaux sociaux pour comprendre, par exemple, comment voyagent les jeunes. Dans le projet OAC N‑S, Hamed s’intéresse au Collectif pour la protection de la Narse de Nouvialle et à la construction des alternatives de développement durable dans ce territoire.

Inés Bouden Adouani

Comment comptabiliser les éléments incorporels/intangible assets ? Peut-on mesurer les valeurs démocratiques dans une coopérative ? Comment un audit peut se transformer en opportunité d’amélioration pour une organisation de l’EES ? Voilà les questions sous-jacentes au parcours de chercheuse d’Inès. Après une formation en gestion, elle a eu son master recherche et son doctorat à l’Université Paris Dauphine. Aujourd’hui, elle est Maîtresse de conférences à l’Université Gustave Eiffel et la responsable du Master 2 Comptabilité Contrôle Audit de l’IAE Gustave. Dans notre projet, Inès s’occupe en particulier de l’évaluation de la participation en ayant un terrain de groupements de tiers-lieux dans le département de Seine-et-Marne comme lieu d’observation et analyse privilégié. Elle ne contrôle pas tout, pour mieux être perfectionniste quand et où elle peut.

Lorreine Petters

Comment on construit une marque ? Comment les consommateurs participent à cette construction ? Comment la frontière entre communication journalistique et publicitaire se brouille de plus en plus ? Dans notre projet, Lorreine utilise ses compétences pour comprendre comment la communication des organisations alternatives peut structurer la participation et vice-versa. En travaillant sur Enercoop, elle s’intéresse aussi au rôle des dispositifs numériques et non-numériques d’encouragement à la participation. Brésilienne d’origine, Lorreine considère que la comparaison des expériences de participation dans des organisations de différents pays soit indispensable pour repenser nos modèles d’analyse.

Olivier Cristofini

Comment peut-on réaligner les intérêts particuliers avec l’intérêt général ? Cette question guide les intérêts de recherche d’Olivier. Tout a commencé par un documentaire sur l’obsolescence programmée pour en arriver aux fonctions d’enseignant chercheur. Les sujets qui passionnent Olivier sont ceux qui peuvent nous aider concrètement à vivre mieux ensemble : économie circulaire et inclusion sociale entre autres. Les événements actuels lui donnent aussi envie de s’investir sur les sujets de santé. Dans le cadre de notre projet, Olivier explore le terrain offert par l’organisme Paris Habitat. L’objectif est de mieux comprendre comment les pratiques relevant de l’économie circulaire peuvent intégrer à la fois des valeurs économiques, sociales et environnementales.

Sabrina Nassih

Comment peut-on créer des modèles de business inclusifs à partir des besoins réels des gens ? Sabrina, alors qu’elle avait une formation en tourisme et de nombreuses expériences en commerce et industrie, a écrit un business plan pour une grand-maman soucieuse de donner des légumes sans pesticides à ses petits-enfants. Aujourd’hui la grand-maman a ouvert un magazine bio à Tanger et Sabrina continue à s’impliquer pour que des femmes puissent participer à la vie économique et s’épanouir. Doctorante à l’Université de Fès, elle travaille en tant que chercheuse pour l’Open Government Partnership qui vise à augmenter la transparence des institutions publiques et renforcer la participation citoyenne et la redevabilité. Dans notre projet Sabrina s’intéresse aux modèles de participation inclusifs au Maroc.

Salomon Bernier Khedache

Salomon est enseignant-chercheur en contrôle de gestion et pilotage de la performance. Intégré à l’IRG, il assure ses enseignements à l’IAE Gustave Eiffel, notamment un cours dans le master Gestion des Entreprises Sociales et Solidaires. Depuis plus que 15 ans, il est engagé dans divers projets associatifs, qu’ils s’agissent d’Education populaire ou de solidarité internationale. Ses questionnements personnels et ses intérêts académiques ont donc trouvé un cadre d’intégration presque parfait dans notre projet. Intéressé par la manière dont les acteurs utilisent les outils chiffrés, il aimerait s’interroger sur la co-construction des indicateurs de performance dans les OAC. Pour lui, le défi est de déconstruire une évaluation de la performance imposée par le haut et ex-post, en faveur d’une approche dans laquelle les acteurs de terrain pensent l’évaluation en parallèle de l’élaboration du projet.

Sarra Mokaddem

Dans notre projet, en partenariat avec ONU Habitat Tunisie, on accompagne un projet visant à favoriser le renforcement de l’inclusion sociale des migrants par le biais de l’art en Tunisie. Pour ce projet, on n’aurait pas pu trouver une personne plus qualifiée que Sarra vu que ses compétences en gestion sont doublées d’une carrière dans la danse. Après avoir obtenu son doctorat avec une thèse sur l’éco-mobilité, Sarra a écrit et mis en scène sa pièce chorégraphique. Actuellement, elle enseigne à Esprit School of Business de Tunis.

Amal Sofia Dintsiko

De nature très curieuse et ambitieuse, après un parcours en licence et master en marketing, et plusieurs expériences entrepreneuriales, Amal commence tout juste une nouvelle aventure doctorale. Dans le cadre du projet OAC-NS, sa thèse porte sur la cocréation de valeur comme facteur d’accroissement de l’attractivité territoriale et de réappropriation. C’est un projet réalisé en collaboration avec l’ONU Habitat, se focalise sur le territoire de la médina de Tunis et a comme but d’étudier les aspects environnementaux, sociaux, culturels ainsi que la relation des habitants avec leurs territoires afin d’assurer la revitalisation de cette dernière.

Hélène Beraud

Hélène s’intéresse aux déchets, et plus particulièrement aux interfaces entre le déchet, son service, son réseau et la ville. Elle étudie notamment la manière dont les déchets sont susceptibles de modifier l’aménagement, le fonctionnement des villes dans des périodes de crise. Dans notre projet, à travers le cas des Territoires zéro déchet portés par Paris Habitat, Hélène s’intéresse aux nouveaux acteurs des déchets et aux changements de pratiques des habitants dans les quartiers populaires.